lundi 29 septembre 2008

En attendant Didjeko (1)

Portrait Robot


Pirate Rastapakoulos !
Je te sauve la peau…
…Je t’aurai jusqu’à l’os !

Pirate Rastapakoulos !
Brandit le noir drapeau
Crânement orné d’os

Pirate Rastapakoulos !
Pilote le brûlot
Barbe fumant d’amorces

Pirate Rastapakoulos !
S’il vous mène en bateau
Jamais ne se défausse

Pirate Rastapakoulos !
Vend chèrement sa peau
Grand prince du négoce

Pirate Rastapakoulos !
A gorge déployée
Rit d’un rire féroce

Mais...
Car il y a un os
Pirate Rastapakoulos !
Prends garde aux trappe-chausses
Pirate Rastapakoulos !
Si tu changes de peau
De gré ou bien de force
Pirate Rastapakoulos !
Songe à celle de l'ours
Prends garde aux idéaux
Qui galopent à tes trousses
Ne fais pas trop le beau
Refuse d'être le boss
Pirate Rastapakoulos !
Où tu l’auras dans l'os !

Pirate Rastapakoulos !
Je pille l’entrepôt
Torpille le négoce

Pirate Rastapakoulos !
Par le fond, le bateau
Par ici, le matos

Pirate Rastapakoulos !
Un tour de mise à sac
Passe-Passe véloce

Pirate Rastapakoulos !
Tu feras de vieux os
Car jamais tu ne bosses

Pirate Rastapakoulos !
Travailleur du chapeau
Ferrailleur du cosmos

Pirate Rastapakoulos !
A gorge déployée
Rit de toutes ses forces

Mais...
Car il y a un os
Pirate Rastapakoulos !
Prends garde aux trappe-chausses
Pirate Rastapakoulos !
Si tu changes de peau
De gré ou bien de force
Pirate Rastapakoulos !
Songe à celle de l'ours
Prends garde aux bibelots
Qui galopent à tes trousses
Où tu l’auras dans l'os
Pirate Rastapakoulos !
Egales par ailleurs
Toutes choses sont fausses

Signé avec délices
De la pointe d’un os
Pirate Rastapakoulos


***



Nadir

Une ville d'ailleurs
Avec des mots d'ici
Est venue dans ma tête
Et n'en veut plus partir

J'irai d'Oulan-Bator
Jusqu'à Ashkabad
pour chercher un cheval
Vite comme le vent

J’emporterai de toi
Le souffle d’un baiser
Pris dans le fer du soir
Et l’odeur de tes seins

Je ne reviendrai pas
Avant qu’il soit trop tard
Si je reviens un jour
Pourquoi se demander ?

Danse papillon noir
Danse devant mes yeux
Tes ailes de métal
Ont voilé le soleil


***



Racines

Il n'est pas de racines si
Profondes
Que l'on ne puisse s'en passer

Mais

Se savoir arbres
Un peu
A l'ombre de nous-mêmes

D'ailleurs
Je suis de nulle part
Et
D'autre part
Je vais
La terre à peine sous mes pieds


In "Les Ferrailleurs du Cosmos"
Éditions Le Boucanier, Marseille, 2004



Quelques strophes d'un long poème inédit, intitulé Aigues:

Aigues (1)

Aigues vives
Aigues mortes
Basses eaux
Majestés
Eaux filantes
Etendues
Courts chemins
Ruisselant
Sur un lit de cailloux

Vous êtes sans merci

Aigues vives
Aigues mortes
Basses eaux
Majestés
Régalades
Je et je vous salue
Je vous salue deux fois

Ecoute
Encore
Le chant
Des roues
A aubes

Je n'attendrai pas la pluie
Pour aller chercher de l'eau

*****

Aigues (4)

Nous avons eu le vent du Nord
Et le ciel s'est vidé clair
Nous avions du mal à nous parler
Du mal à nous entendre
Abasourdis
Evacués
D'un seul coup
Amplifiés

Vagues de vent
Souffles coupés
Tourneboulés
Dedans dehors
Portes battantes
Dehors dedans
Esprits de vent
Génies de l'air

Soudainement
L'esprit lavé de part en part
Balayés
Nous nous sommes remis en marche

Marcher fétus
Eviter les branches arrachées
Enjamber
Marcher
Marcher encore

*****

Aigues (5)

Nous avons eu le vent de l'Est
Le ciel s'est chargé de nuages
Puis la pluie

Dense
Rapide
Drue

Marche à l'abri
Du ciel qui fuit

*****

Aigues (6)

Nous avons eu le vent du Sud
Et le ciel s'est
Empli-éparpillé
D'instants rouges en instants rouges
Le ciel s'est égrené
Le ciel s'est ensablé
Le ciel a rayonné

Plus d'horizon
Mais le lointain
Presqu'intérieur

La certitude d'une porte
Ne suffit pas à dépasser
L'épuisement

Survivre
Fermer
La marche

Langue de terre
Boursouflée
Une étendue
Lèvres serrées
Parcheminées
Marche enrayée
L'air latérite
Pelliculaire
Colle à la peau
Colle à la peau
Colle à la peau

La dignité s'évanouit
Par moments
Face
Aux mâchoires du ciel
Prépondérantes
Elémentaires
La dignité
Est fragmentaire

Survivre
Poursuivre
La marche

*****

Aigues (7)

La ville s'est levée rouge brique
Secouée
Surprise et adoucie
Jusqu'au bout des nervures
Imprégnée
Des teintures d'un monde
Dérangeant
Présent
Dans l'air du temps

Feu rouge

La barre est haute
Il faut qu'on saute
Air latérite
Et cette poussière du désert
Qui colle au caoutchouc
De la vitre de ma voiture
Depuis plus de six mois

Nous avons eu le vent du Sud




Photo: Dom Corrieras


Le dernier livre de Didjéko

" Les secrets du vin"
un élixir miraculeux


en présence de l'auteur qui dédicacera son livre
et autour d'un tonnelet de vin libellé "poésie danger" !
un événement organisé par André Chenet,
les éditions Oxybia et les éditions du Boucanier
association transArtcafé

espace d'art contemporain,
café, vidéothèque,
librairie
expositions

6, rue du Docteur Rostan
vieille ville-06600 Antibes

tel/fax : 04 93 34 29 76
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ouvert du mercredi au samedi
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