La Colle s/ Loup, le 15 juillet 2011
"Je ne suis qu’un des innombrables passants que l’ombre a frappé, et ce cri comme défi, et ce cri comme seul sursis. Ne parlons du temps qu’à mots couverts, l’éphémère ne fait de la pensée qu’un linceul."
"Il fallut que le fou se suicide pour que l'homme subisse sa survie." Gilbert Musielak
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| Gilbert, le 17/07/2010 |
Chers amis et lecteurs,
Je ne me console pas du départ de mon grand frère et ami Gilbert Musielak. Il s'est fait la belle durant une sieste innocente, grande ouverte sur cette éternité du désir désincarné en laquelle il projetait sa constellation originelle.
Je ne me console pas du départ de mon grand frère et ami Gilbert Musielak. Il s'est fait la belle durant une sieste innocente, grande ouverte sur cette éternité du désir désincarné en laquelle il projetait sa constellation originelle.
La plupart d'entre ceux qui participaient à nos Rencontres Poétiques, le connaissaient plus ou moins . Je l'avais publié dans le premier numéro de La Voix des Autres (2004), dont le lancement avait été prévu dès la fin 2002. Le portrait ci-dessous marque le moment où je venais trouvé le titre de la revue, après une longue et fiévreuse discussion avec lui. J'habitais à cette époque un petit studio dans un quartier populaire de Nice. Gilbert se sentait bien dans ce lieu décalé avec son décors en falaises blanches et ses habitants d'un autre temps. Il a été de toutes les aventures, autant que sa santé le lui permettait: depuis l'époque (1998) des soirées poétiques des "Diables Bleus" organisées par Aïcha Chibane, en passant par le Bar du Rocher (lancement officiel de la revue, 2004) , Le Bar des Oiseaux dans le vieux Nice, le Jungle's Art ...jusqu'au dernier Printemps des Poètes que j'ai organisé à La Colle s/ Loup en mars dernier. Sa poésie ne souffrait aucune convention, elle était un défi ultime devant l'impossibilité de vivre sa vie. Il transmutait la matière des mots en prières syncopées provocantes, en appels désespérants d'amour et de tolérance. Il se savait foutu une fois pour toute mais il savourait par dessus tout, après avoir traversé des enfers de souffrance psychique , les parenthèses de rémission et de grâce que lui procuraient ses visions d'"un temps de liberté suprême".
"Vivre le rêve, le droit que cela donne, cette formidable liberté, cette insatiable liberté que donne là le pouvoir d’être. Jusqu’au sentiment que la création se joue d’elle-même, et que tout se mélange, que ces mots ne sont que les produits muets de l’ombre qui m’a frappé pour son seul gré."
Je vous salue d'ici-bas, enraciné comme un arbre sombre déployé dans la lumière de juillet. Ayez s'il vous plaît une pensée d'amour pour cet ami fou de poésie avec lequel je n'ai pas encore fini de moudre le grain des mots, de partager la parole ardente jamais trahie, et quelquefois même la douceur de vivre.
"Vivre le rêve, le droit que cela donne, cette formidable liberté, cette insatiable liberté que donne là le pouvoir d’être. Jusqu’au sentiment que la création se joue d’elle-même, et que tout se mélange, que ces mots ne sont que les produits muets de l’ombre qui m’a frappé pour son seul gré."
Je vous salue d'ici-bas, enraciné comme un arbre sombre déployé dans la lumière de juillet. Ayez s'il vous plaît une pensée d'amour pour cet ami fou de poésie avec lequel je n'ai pas encore fini de moudre le grain des mots, de partager la parole ardente jamais trahie, et quelquefois même la douceur de vivre.
André Chenet
"Si des larmes pouvaient nous guérir... des vanités poétiques." André
Pour télécharger "Lettre à l'Être", le premier livre (2009) de Gilbert Musielak:
http://mgmzanzibar.blogspot.com/2011/01/chlinese-new-year-greeting-card.htm
Extraits de "Lettre à l'Être" sur Danger Poésie:
http://poesiedanger.blogspot.com/2009/06/lettres-letre.html



3 commentaires:
Attachés, les remous se dénouent,
Détachés de chevaux au vent,
Galop d'embruns emmêlés
Au silence de le houle,
Où croule une rivière de libellules.
Pensée,
Ode (Odile Gattini)
Il se savait foutu une fois pour toute mais il savourait par dessus tout, après avoir traversé des enfers de souffrance psychique , les parenthèses de rémission et de grâce que lui procuraient ses visions d'"un temps de liberté suprême".
Un temps de liberté suprême. A la manière dont vous en parlez, sa présence restera comme une empreinte sur le temps, l'espace et les mondes.
Pensées amicales.
douce pensée vers lui
et pour vous aussi l'ami ;)
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